EES européen: cap sur trains de nuit et voyages durables
L’Entry/Exit System (EES) européen a amorcé son déploiement en octobre 2025 et doit être pleinement opérationnel au printemps 2026. Il s’agit d’un dispositif numérique de gestion des entrées et sorties destiné à enregistrer les données biométriques et administratives des ressortissants non européens lors de leurs franchissements des frontières externes de l’espace Schengen.
Pour les voyageurs et les opérateurs ferroviaires, l’arrivée de l’EES modifie des habitudes établies: kiosques d’enregistrement, contrôles anticipés dans les gares internationales, et une coordination logistique renforcée deviennent indispensables pour limiter les files et garantir la fluidité des trajets transfrontaliers. Ces évolutions concernent aussi bien les liaisons rapides que les trains de nuit, dont le renouveau en Europe s’inscrit parallèlement dans une stratégie plus large de mobilité durable.
Qu’est-ce que l’EES et à qui s’applique-t-il
L’EES (Entry/Exit System) est un système centralisé qui enregistre, à chaque entrée et sortie, les données des voyageurs non membres de l’UE effectuant des séjours courts (jusqu’à 90 jours sur 180 jours) dans les pays participants. Le système collecte notamment les données du document de voyage, une photographie faciale et des empreintes digitales (sous conditions d’âge).
La mise en place se fait de façon progressive: certains points de passage ont été équipés dès le lancement, tandis que d’autres installations sont prévues pendant la période transitoire, avec l’objectif d’une couverture complète à la date annoncée de pleine opérationnalité. Pendant la phase de déploiement, des procédures mixtes (électroniques et timbres) peuvent coexister selon le lieu et le moment du passage.
Concrètement, l’EES ne remplace pas les visas ni n’est un système payant: il s’agit d’un enregistrement gratuit réalisé au point de passage. L’objectif officiel est d’améliorer la sécurité des frontières, de détecter les dépassements de durée de séjour et de réduire la fraude documentaire grâce à la biométrie.
Conséquences pour les trains de nuit et les trajets transfrontaliers
Les trains de nuit internationaux circulant entre pays Schengen et pays tiers ou passant par des points de contrôle juxtapositionnés (ex. Manche) sont les plus concernés: l’introduction de bornes et de contrôles biométriques peut allonger les procédures d’embarquement et modifier les fenêtres horaires de départ. Les opérateurs doivent adapter leurs process pour intégrer ces formalités sans dégrader l’expérience passager.
Dans les gares internationales, l’EES se traduit souvent par l’installation de kiosques d’enregistrement et par un renforcement du personnel aux points de contrôle. Pour éviter des retards, certaines compagnies ont déjà revu leurs recommandations d’arrivée à la gare et l’organisation des files; d’autres ont modifié des services comme le «fast-track».
Pour les trains de nuit, la contrainte peut être double: il faut gérer l’enregistrement EES avant l’embarquement (souvent en gare) tout en préservant le temps de repos et la logistique du service (nettoyage, réapprovisionnement, changement d’équipes). Les petites gares transfrontalières et certains passages terrestres moins équipés restent des points sensibles durant la période de montée en charge.
Cas pratique : la Manche et les liaisons Londres, Europe
La traversée de la Manche illustre bien la coordination requise : Eurostar, Eurotunnel et les ports ont dû installer des kiosques et adapter leurs procédures pour effectuer les enregistrements EES côté sortie ou entrée selon les arrangements de contrôle. Ces aménagements ont impliqué des investissements significatifs et des modifications d’espaces dédiés aux contrôles.
Eurostar a, par exemple, annoncé des modifications opérationnelles (augmentation du nombre de bornes, personnel dédié, suppression ou adaptation de certains services de contournement) pour minimiser l’impact sur l’embarquement des passagers. Les voyageurs non européens doivent désormais prévoir davantage de temps pour les formalités lors des voyages Londres, Paris, Bruxelles et vers d’autres destinations.
Pour les trains de nuit reliant le Royaume-Uni à des destinations continentales (lorsque cela existe), la juxtaposition des contrôles et l’EES imposent une planification précise : qui enregistre les données, où se fait l’opération, et comment garantir la confidentialité des biométries tout en évitant les goulots d’étranglement. Les autorités et opérateurs ont communiqué des consignes pour réduire les risques d’attente prolongée.
Renaissance des trains de nuit : acteurs, projets et opportunités
Parallèlement aux changements frontaliers, l’Europe connaît un regain d’intérêt pour les trains de nuit. Opérateurs privés et entreprises historiques développent ou relancent des lignes internationales (ex. European Sleeper, Nightjet, services EuroNight), motivés par la demande croissante pour des alternatives bas-carbone au transport aérien. Ces acteurs cherchent à étendre les liaisons, améliorer le confort et proposer des offres packagées pour attirer un public plus large.
Les initiatives vont de l’acquisition de nouveaux services à la création de partenariats pour proposer des voyages combinés (train + hébergement). Certaines start-ups travaillent à des concepts innovants (cabines privées, intermodalité vélo-train, packages touristiques) pour rendre le train de nuit compétitif face à l’avion. Ces développements renforcent l’idée d’un réseau européen plus dense de liaisons nocturnes durables.
Cependant, maintenir et développer ces services nécessite de la capacité d’infrastructure, des sillons horaires adaptés, et une tarification compétitive, des éléments sur lesquels la Commission et les gestionnaires d’infrastructures travaillent afin de faciliter les liaisons transfrontalières. Les politiques publiques et les subventions ciblées restent déterminantes pour assurer la viabilité commerciale de certaines routes.
Trains de nuit et durabilité : pourquoi le ferroviaire compte
Le train, et en particulier les liaisons nocturnes, est présenté comme une alternative à faible empreinte carbone pour les trajets de moyenne et longue distance. L’Union européenne place le rail au cœur de sa stratégie transport pour réduire les émissions et favoriser des déplacements plus propres et plus intégrés. Des objectifs visent à accroître les parts de marché du rail dans les prochaines années pour atteindre les ambitions du Pacte vert.
Au-delà des émissions, les trains de nuit optimisent l’utilisation des infrastructures (voyage+hébergement), réduisent la consommation énergétique par passager-km et favorisent la desserte de régions moins bien reliées par l’avion. Pour de nombreux voyageurs, la nuit en train combine efficacité du temps et réduction de l’impact climatique.
Transformer cette opportunité en réalité exige toutefois des investissements : renouvellement du matériel roulant, alimentation électrique verte, systèmes de réservation interopérables et adaptation des horaires pour faciliter les correspondances. Les instruments financiers européens et les appels à projets sont mobilisés pour soutenir ces chantiers.
Conseils pratiques pour voyageurs et recommandations pour les opérateurs
Pour les voyageurs non-européens, la recommandation principale est d’arriver plus tôt en gare lors des trajets internationaux et de suivre les consignes publiées par l’opérateur (horaires d’embarquement, nécessité d’un document supplémentaire, etc.). Des sites officiels fournissent des informations détaillées sur le déroulement de l’enregistrement EES et les droits des voyageurs.
Les opérateurs de trains de nuit doivent intégrer l’EES dans leur chaîne opérationnelle : points d’enregistrement clairement signalés, personnel formé, procédures pour les correspondances et communication proactive pour éviter la confusion. L’expérience client reste un levier essentiel pour fidéliser une clientèle sensible à la durabilité.
Enfin, autorités publiques et gestionnaires d’infrastructures doivent synchroniser le déploiement des bornes, la formation des agents et les horaires ferroviaires pour réduire les frictions. Des solutions numériques (pré-enregistrement, flux dédiés aux passagers EES déjà enregistrés) peuvent alléger les contrôles et soutenir la montée en puissance du réseau de nuit.
En synthèse, l’EES impose une adaptation opérationnelle mais n’annule pas la dynamique favorable aux trains de nuit: la transition vers une mobilité plus propre reste une priorité européenne soutenue par des politiques et des financements spécifiques. Les deux évolutions, contrôles modernisés et renaissance ferroviaire, peuvent coexister si coordination et investissements suivent le rythme des ambitions.
Voyageurs, opérateurs et pouvoirs publics ont donc une responsabilité partagée: informer, planifier et innover pour que l’Europe gagne en sécurité aux frontières tout en renforçant des offres de voyage durable attractives et fluides. Le train de nuit a toutes les cartes pour devenir un symbole concret d’une mobilité européenne plus verte, à condition d’une mise en œuvre pragmatique et coordonnée.
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